Le texte de ce chapitre est tiré de la plaquette éditée lors du 125ème anniversaire de la société. Cet événement coïncide avec l'inauguration de l'actuelle bannière, les 29 et 30 septembre 1984.
de 1859 à 1904
Pour la période de 1859 à 1959 nous reproduisons l'excellent et intéressant opuscule rédigé par M.
René Lutz, ceci avec son aimable autorisation, ce dont nous le remercions très chaleureusement.
Les origines
La Vallée de Tavannes était citée depuis fort longtemps pour son goût prononcé de l'art musical.
Déjà à l'époque des princes évêques, une « Musique de la Prévôté » avait
été créée et l'instrumentation complète était fournie par les princes évêques.
Cette harmonie en herbe comprenait à côté des instruments de cuivre, des clarinettes, des flûtes, des haut-bois,
des ophiclé&itrem;des, ancêtres de nos saxophones d'aujourd'hui. Les musiciens se recrutaient dans toute la Vallée de
Tavannes; Malleray et Bévilard fournissaient un fort contingent, de même que Tavannes et Loveresse. Les exécutants s'appelaient
Blanchard, Bassin, Boillat, Desvoignes, Girod, Guerne, Farron, Garraux, Jabas, Moeschler, Marchand, Miche, Paroz, Tièche, Voirol, etc.
On croit que la « Musique de la Prévôté» disparut à l'apparition des fanfares, dont La Chaux-de-Fonds eut la
première. M. Jules Farron dit le « petit Russe », grand-père d'André Broggi, membre actif de la Fanfare qui détient
encore l'instrument personnel du fondateur, un petit bugle mi-b. était parti très jeune à La Chaux-de-Fonds, afin d'y faire un
apprentissage d'horlogerie. Comme il était très doué, il entra dans la musique « Les Armes-Réunies », dirigée
alors par le professeur Lampart, qui, ayant remarqué les brillantes qualités de son jeune élève, le poussa si bien,
qu'en quelques mois, il en fit un des premiers cornets de ce corps de musique.
A l'âge de 20 ans, soit en 1857, Jules Farron revint à Tavannes pour compléter son apprentissage d'horlogerie, et c'est
alors qu'il fit le projet de fonder la : Fanfare de Tavannes.
Le noyau de la nouvelle société était formé d'anciens musiciens de la «Musique de la Prévôté»,
société qui avait poursuivi une activité plus ou moins régulière, malgré le départ du prince
évêque de Bâle, lors de l'invasion française de 1798. M. Paul Desvoignes à qui nous devons ces renseignements,
nous rappelle les noms des pionniers de la première heure: Emile Guerne, forgeron, Lucien et Célestin Moeschler,
Célestin et Ami Tièche, Paul Imier, Gustave Boillat de Loveresse, Frédéric Desvoignes de Saicourt et naturellement,
Jules Farron, qui devint plus tard propriétaire de l'Hôtel de la Couronne, actuellement l'Hôtel-de-Ville.
On inaugura la première bannière, offerte par les demoiselles de Tavannes en 1859, en même temps que les nouvelles cloches
et le grand orgue du temple. Citons encore parmi les élèves de M. Jules Farron : Fritz Gl&utrem;ck, Célestin Prêtre,
Lucien Imier, Fritz et Paul Gauche, L.-A. Geiser, Constant Guerne, Lucien Prêtre, Emile et Auguste Prêtre. Le directeur des
« Armes-Réunies », le père Lampart, rendait visite assez régulièrement aux musiciens tavannois, prodiguant conseils
et encouragements. Il n'était pas exigeant et ne demandait que son entretien qui lui était offert gracieusement, le plus souvent par
Jules Farron, directeur et président de la société. Cette période de formation dura jusqu'en 1864, date à
laquelle de bons éléments vinrent renforcer les rangs de la jeune société: Ulysse et Lucien Prêtre dit «le Major »,
Auguste Farron, Constant et Auguste Guerne. Vers 1871, la Fanfare comptait une vingtaine de mucisiens.
Les répétitions avaient lieu dans une petite salle de l'Hôtel de la Couronne, sise sur le côté ouest de ce
bâtiment. La société prenait part aux fêtes de tir de toute la vallée, à l'instar de ses voisines
de Malleray et Reconvilier. On alternait ainsi la musique à la pétarade des « Vetterli ». Ce fut à l'ensevelissement de
Fritz Gauche, un excellent joueur de bugle, que la société pour la première fois, conduisit un convoi funèbre.
L'année 1873 porta un coup funeste à notre Fanfare qui fut tout près du naufrage. L'entreprise Aebi ayant quitté
notre village pour s'établir à Madretsch, d'excellents éléments la suivirent. Mais Jules Farron et L.-A. Geiser
ne se laissèrent pas abattre. Ils firent appel à des jeunes: Alfred Saunier, Jean Alchenberger, Paul Desvoignes qui, après
quelques leçons, demandèrent leur entrée dans la société. Auguste Guerne, revenu à Tavannes,
s'employa avec Paul Desvoignes à recruter de nouveaux membres. Tout comme Jules Farron, ces deux pionniers ont bien mérité
de la Fanfare et doivent figurer au tableau d'honneur.
En 1874, la société lançait des flots d'harmonie à l'occasion de l'ouverture de la ligne de chemin de fer « Jura -
Berne - Lucerne ». En récompense, nos musiciens se virent offrir un voyage gratuit à Bienne par la compagnie. L'activité
se poursuivit plus spécialement sous la forme de fêtes villageoises, de sérénades et d'excursions. Paul Desvoignes
partit pour Besançon pour y parfaire ses connaissances professionnelles et musicales. Revenu dans sa vallée natale après
quelques mois, il reprit son activité musicale. En 1881, il occupait le poste de directeur de la société, appuyé
par son ancien parrain et ancien maître Jules Farron. Les rangs s'étaient élargis et les Jules Moeschler, Numa Prêtre, les
trois frères Traglio et autres Etienne K&utrem;derli et Constant Guerne étaient venus grossir les rangs.
En 1884, La société participait à l'inauguration du régional à vapeur Tavannes - Tramelan. Les sorties étaient
nombreuses, mais les points de ralliement pas très éloignés de la localité. On se contentait de se rendre à
la Bottière, à Bellelay, au Vion, à la Tanne, à Orvin, voire à Macolin. Il n'était pas question alors de faire
de longs voyages. L'instrumentation demandait à être renouvelée, mais les moyens financiers étaient maigres. C'était
bien en vain que la société sollicitait l'aide des pouvoirs publics. Elle ne voyait pas arriver l'ombre d'un subside.
Paul Desvoignes, qui fut un animateur hors pair, n'oublia jamais sa chère Fanfare après son départ en 1888 de la localité
pour Villeneuve. Il composa même une marche qui portait le nom «Salut à Tavannes ».
De 1888 à 1892, il semble que l'activité de la société fût en veilleuse
et les renseignements précis font défaut pendant ce laps de temps. On sait d'autre part que la majeure partie des archives de la
société, et la première bannière furent détruites lors de l'incendie de la halle de gymnastique. Il subsistait
encore des procès-verbaux rédigés par des secrétaires aussi soigneux que consciencieux. Un de ces procès-verbaux
mentionne la constitution d'une Société de musique en 1892 dont les membres fondateurs étaient Auguste Guerne, Paul Juillerat,
Jules Moeschler, Arthur Prêtre, Paul Moeschler, Albert Hirschbrunner, William Wuilleumier, Louis Mathez, Eugène Chard, Fritz Kaesermann,
Henri Savoye, Hermann Chard, Louis Spaeth, soit 13 personnes. Le comité était formé comme suit: Paul Juillerat, président,
Henri Savoye, vice-président, Arthur Prêtre, secrétaire, Jules Moeschler, caissier, Fritz Kaesermann, adjoint. Jules Garraux
de Malleray assumait la direction de cette modeste phalange de musiciens, dont le zèle n'avait d'égal que la valeur, puisque la même
année, elle fonctionnait déjà comme musique de fête au grand Tir de district des 12 et 13 juin 1892. Ce n'était
qu'un feu de paille, car quelques mois plus tard, on discutait déjà de la dissolution de la Société.
Avec un sursaut d'énergie, on reprit le collier, on recruta de nouveaux membres. En février 1893, les musiciens n'étaient plus que
douze. Appelés à se prononcer sur la dissolution de la société, ils décidèrent par 6 voix contre 4 et deux
abstentions, le maintien de son activité. M. Emile Maître, père, prit alors la direction et donna à notre corps de musique
une belle impulsion. II dirigeait pour une somme bien modeste puisqu'il recevait une gratification annuelle de Fr. 20.-. M. Maître cumulait
même les fonctions de président et de directeur.
La société voulait se donner un règlement. Il fallut à peine une semaine à la commission chargée de ce
travail pour mettre sur pied un nouveau règlement. Charles Chappatte arrivé tout récemment des Franches-Montagnes, faisait
partie de cette commission. Le temps était venu enfin de doter notre Fanfare d'une instrumentation nouvelle. L'organisation d'une tombola
de 2400 billets à 50 cts permit la réalisation d'un projet caressé depuis longtemps. Ce fut à cette même époque
que la société décida sa première course de deux jours, avec comme but d'excursion « Le Weissenstein ». On se rendit
à St-Joseph en char et l'on passa la nuit sur le sommet soleurois.
Il n 'était point de manifestations de caractère local ou national auquel les la société n'était pas conviée.
Si les procès-verbaux sont biens tenus, aucun de ceux-ci ne mentionne l'effectif de la société. Le secrétaire
chargé de solliciter un subside des autorités municipales, ne donna aucune réponse sur le résultat de ses démarches.
De son côté, la Bourgeoisie, offrant le bois pour le chauffage du local de répétition, se faisait souvent tirer l'oreille
avant de tenir ses engagements. Il était coutume autrefois pour nos fanfares, de donner concert dans les restaurants locaux ou dans les
localités avoisinantes. L'apport financier acquis de cette façon n'était pas négligeable pour les finances de la société.
Les fêtes champêtres connaissaient une vogue toute particulière et les jeux y étaient divers: course pour les gras et les maigres,
course au sac, mât de cocagne, et nous en passons. Relevons ce détail amusant: lors d'une fête champêtre le vin invendu -
quelque deux cent litres - fut mis en vente au prix de 5O cts le litre. Ce chiffre laisse rêveur. Le concert annuel produisit 68 francs de recettes
contre CHF 46.45 de dépenses.
Au mois de septembre 1898, la société décida de remplacer les casquettes « qui ne remplissaient plus leur devoir » par un chapeau
de feutre fantaisie. Il était de coutume d'organiser autrefois les soirées dansantes et concerts le dimanche soir. Rompant avec la
tradition, on donna concert le samedi et en récompense, M. Henry Sandoz remit une somme de CHF. 100.-. La première Fête jurassienne
à laquelle participa la Fanfare fut celle de Courrendlin en 1897, où elle se classa 2e en 2e catégorie, derrière Moutier,
et en précédant Fontenais et les Breuleux. Deux ans plus tard, la société participait au Concours jurassien de Bienne,
d'où elle revint avec une couronne de chêne, se classant à l'avant-dernier rang. De retour de cette manifestation, la Fanfare
démissionna de la Fédération, car elle prétendait avoir souffert de l'injustice du jury et de celle du comité
de la Fédération. Le président du jury avait, parait-il, égaré les feuilles du concours, ayant subi les effets d'un
vin fort généreux, servi non moins généreusement par la ville de Bienne. On se plaignait déjà à
cette époque du manque de zèle des musiciens, de la fréquentation irrégulière. Amendes, avertissements, menaces
d'expulsion, rien ne venait guérir cette maladie de l'indifférence. La première bannière ayant subi du temps
l'irréparable outrage, elle fut remplacée en 1902 par un pimpant emblème peint par M. Merguin de La Chaux-de-Fonds, et payé
Fr. 400.-.La même année, la Fanfare participa à un concours international à Genève, sortie de quatre jours qui coûta
Fr. 35.- par membre, somme énorme pour l'époque. Nos musiciens arboraient pour ce concours, un magnifique chapeau de paille avec ruban
violet et blanc. Les anciennes casquettes avaient été vendues au corps des sapeurs-pompiers pour 4 fr. la pièce. On ne badinait
pas avec la discipline et quelques membres s'étant mal conduits lors d'une sortie à La Heutte, deux furent amendés et deux
rayés de la société.
En 1905, nos musiciens assistèrent à la Fête des Vignerons de Vevey; ils partirent le vendredi soir et ne regagnèrent leurs foyers
que le lundi soir. Une crise survint au cours de laquelle directeur et président démissionnèrent. Un remplaçant du directeur
fut remercié cavalièrement après trais mois. On ne trouvait pas de secrétaire, cette fonction étant assurée par
le président.
En 1907, la Fanfare entrait dans la Fédération des Sociétés de chant et de musique du district de Moutier, mais boudait
toujours la Fédération jurassienne. Cette même année, elle pouvait inaugurer ses premiers uniformes lors d'une fête des
mieux réussies. Malgré l'aide généreuse de la population, la Fanfare dut contracter un emprunt de Fr. 1200.- pour l'achat de
ces uniformes. Et comme une difficulté n'arrive jamais seule, la société faillit supprimer la batterie, aucun musicien ne consentant
à battre la grosse caisse.
L'année 1909 marqua dans les annales de la Fanfare, puisque cette dernière participa, comme unique société jurassienne, à
la Fête fédérale de Bâle où elle se couvrit de lauriers, remportant la septième couronne en 2e catégorie.
Le comité qui veillait à ses destinées était composé comme suit: président: Charles Chappatte; vice-président:
Emile Zehnder; secrétaire: Robert Comtesse; caissier: Edmond Droz; adjoint: Ferdinand Miche; directeur: M. Chardon.
Ce fut en 1911 que la société introduisit les chevrons remis à chaque sociétaire pour cinq ans d'activité. En outre,
elle s'inscrivit au registre du commerce. Le départ de M. Chardon obligea les responsables à choisir un nouveau directeur. M. Emile Maître,
père, voulut bien reprendre cette tâche délicate. La société comptait alors 36 membres actifs.
L'activité en 1912 fut marquée par deux événements importants: la participation comme musique officielle à la Fête
cantonale de lutte à Tavannes et le concours de Vevey. Une couronne de lauriers avec franges argent et coupe récompensa dignement nos musiciens
qui furent l'objet d'une chaude réception au retour de cette fête.
Au début de 1914, l'infatigable président Charles Chappatte exprima le désir de se démettre de ses fonctions, tout en restant
membre actif de la société. Il fut fait droit à sa requête et les musiciens reconnaissants l'acclamèrent président
d'honneur, juste récompense d'une activité féconde et d'un dévouement inaltérable. Au cours de cette même année,
la Fanfare reprit ses relations avec la Fédération jurassienne de musique en participant à la Fête des Breuleux dans la
catégorie des sociétés non fédérées où elle obtient le premier rang. Mais déjà les nuages
s'assombrissaient au ciel de l'Europe. La mobilisation du début 1914 allait désorganiser pendant plusieurs mois, la plupart des sociétés
locales. Les effectifs réduits par l'absence des citoyens sous les drapeaux ne permettaient pas un travail rentable. Le local de répétition
était d'autre part occupé par la troupe. Il fallut attendre le ler août 1915 pour que la Fanfare reprenne une sérieuse activité,
jour où elle participa à la grande manifestation patriotique organisée de concert avec Reconvilier. Entre les périodes de relàve,
on put reprendre normalement les répétitions qui avaient lieu dans la salle des Deux Clefs, sous la direction de M. Barbato de Tramelan,
M. Maître ayant donné sa démission.
Au mois de janvier 1916, la Fanfare prit part à la manifestation dite des colonels. La mobilisation imprévue de la IIe division en 1917
compliqua à nouveau la tâche de la société qui fut dans l'obligation de donner son concert au temple. Les temps difficiles ne
portaient pas gros préjudice à la caisse puisqu'elle enregistrait un bon de CHF 1338.90, somme jamais encore atteinte ce qui réjouissait
le caissier l'ami Ed. Farron, dit « Farabiole ». La société était alors présidée par M. Paul Favret.
En 1917, M. Robert Comtesse qui tint fidèlement le procès-verbal des séances pendant huit ans, quitta la localité et fut élu
membre d'honneur. Les oeuvres philanthropiques ne laissèrent jamais la Fanfare indifférente. C'est ainsi qu'elle donna un grand concert à
l'occasion de la vente de la Petite Fleur, organisée par la société d'étudiants Stella Jurensis, en faveur du futur Asile pour
enfants arriérés du Jura. D'autre part, elle supprima la cotisation des membres actifs appelés sous les drapeaux, leur envoyant même
un cadeau de CHF 5.-.
En 1918, elle organisa son concert annuel dans la grande salle du cinéma Le Royal, utilisée la première fois comme salle de spectacle.
La terrible épidémie de grippe, dite grippe espagnole, qui sévit avec une virulence extraordinaire à partir de juillet 1918 et
jusqu'au début de 1919, non seulement en Suisse, mais dans le monde entier (elle fit périr près de 20 millions d'habitants, soit 4 à 5
fois plus que de soldats de la guerre mondiale elle-même), eut une très fâcheuse répercussion sur l'activité de la
société. Les répétitions furent supprimées pendant plusieurs mois, toute réunion publique étant d'ailleurs
interdite; les convois funèbres même ne pouvaient être suivis. Pourtant, la Fanfare tint à accompagner un de ses fidèles
sociétaires, M. Edmond Droz, au champ du repos. II nous souvint encore de cet enterrement, un dimanche soir, à six heures, à un moment
où tous les coeurs étaient étreints par le cauchemar de cette terrible épidémie.
Il fallut attendre 1919 pour voir l'activité de la Fanfare reprendre avec élan. M. Marc Farine avait succédé à M. Paul
Favret comme président. Les manifestations reprirent de plus belle. Détail amusant, il fallut renvoyer une fête champêtre, parce
que tombant dans une semaine sans viande. Epoque de restrictions, des cartes alimentaires que la jeune génération actuelle n'a pas connue.
Cette année 1919, verra la Fanfare reprendre son activité au sein de la Fédération jurassienne de musique qu'elle bouda pendant si
longtemps. Signalons encore cette même année, sa participation à l'inauguration du Monument aux Morts de Chaindon, la démission
de M. Barbato, remplacé par NI. Chardon à la direction. L'organisation du Festival des sociétés de chant et de musique du district fut
l'objet principal des préoccupations de la Fanfare au cours de l'année 1920.
En 1921, la situation financière de la Fanfare était toujours très saine et l'exercice bouclait par un solde actif de Fr. 2200.-. M. H.
Ganguillet était maintenu dans ses fonctions de président. Quelques semaines plus tard, M. Chardon démissionnait comme directeur et son
successeur était désigné en la personne de M. Albert Rohrer de Tramelan. Sept candidats avaient brigué l'honneur de diriger notre
corps de musique. De nombreuses manifestations organisées à Tavannes ou dans les environs immédiats furent l'occasion pour la
société, présidée alors par M. Henri Ganguillet, de prêter son concours. C'est ainsi qu'elle participa à l'inauguration
des équipements de l'Union instrumentale de Sonceboz, à l'inauguration de la bannière de la Société fédérale
de gymnastique locale. Elle prit part au cinquantenaire de la Fanfare de Reconvilier, à diverses fêtes régionales. A la suite de
dissensions avec le comité de la Fédération de district, la Fanfare donna sa démission, mais une année plus tard,
elle renouait ses relations avec cette Fédération.
Les grands voyages ont toujours intéressé nos musiciens. Celui qui les conduisit en Alsace, et plus particulièrement à Strasbourg,
sous la direction de MM. Roethlisberger et Joseph Meyer, leur laissa le plus charmant souvenir.
La grande tombola lancée pour le renouvellement de l'instrumentation en 1924 eut plein succès. On put payer une facture de Fr. 6300.- et il
resta un modeste bénéfice.
Cette même année, la société eut 103 répétitions et 24 concerts publics. Dans son rapport annuel, M. Henri Ganguillet
qui présidait toujours sa chère société avec zèle, relevait en 1925 que trop de sociétaires manquaient les
répétitions sans excuse (le mal n'est donc pas nouveau). Ayant flotté à tous les vents, la bannière inaugurée en
1902 était bien défraîchie. Il fallait la remplacer. Grâce à la générosité de toute la population, ce
beau rêve se réalisa en 1925 et ce fut l'Union instrumentale de Tramelan qui fonctionna comme marraine. Un nouveau grand voyage conduisit nos
musiciens à Milan et le séjour dans la grande cité lombarde laissa un impérissable souvenir. Il fut décidé que les
deux plus anciennes bannières seraient déposées au Musée jurassien. A la suite d'un fâcheux concours de circonstances, cette
décision ne fut pas mise à exécution et les précieuses reliques devaient disparaître lors du funeste incendie de la halle
de gymnastique en 1934.
L'an 1926 marqua dans les annales de la Fanfare puisqu'elle eut le privilège d'organiser les 12 et 13 juin, la Fête jurassienne de musique. Une
ombre pourtant devait assombrir ces deux journées. Le terrible cyclone qui déferla sur le Jura neuchâtelois et bernois le 12 juin 1926
empêcha la célèbre Fanfare des Breuleux de participer au concours. Cette même année, M. Rohrer abandonnait la direction et
il était fait appel à M. Walter Jenni professeur de musique. Ce fut à l'assemblée annuelle de 1927 qu'on décida la suppression
des plumets sur les casquettes. Au cours de l'été, la Fanfare assura son concours à l'Echo de Pierre-Pertuis, à l'occasion de l'inauguration
de sa bannière et du 30e anniversaire de sa fondation.
En 1928, grâce au labeur acharné et à la haute compétence de son nouveau directeur, la société obtint de haute lutte,
à la Fête jurassienne de musique, la première couronne de laurier en 1ère division et se classa 2ème en lecture à
vue. M. Jos. Meyer nouveau président, pouvait être fier à juste titre de ses musiciens. Les occasions de sortir ne manquent pas à
nos instrumentistes en l'année 1929. Il n'y eut pas moins de 9 manifestations officielles sans compter les sérénades,
répétitions marchantes, réception des classes, etc. Le point culminant fut naturellement le concours international de Nancy, où la
Fanfare obtint le prix d'excellence avec couronne de vermeil et médaille de la ville de Nancy et le directeur, M. Jenni, le premier prix de directeur
avec félicitations du jury.
A la Fête jurassienne de Bienne, la société, avec 53 instrumentistes, interpréta l'ouverture dramatique « Néron » de Popy
et se classa au deuxième rang en 1ère division et 3ème au concours à vue. Ce fut en 1931 qu'on récompensa pour la
première fois les sociétaires ayant plus de vingt ans d'activité, par la remise d'une chevalière dédicacée. Relevons
les noms de ces heureux bénéficiaires: MM. Charles Chappatte, 35 ans; Léon Hirschi, 30 ans; Edouard Farron, 30 ans; Edmond Châtelain,
28 ans; Albert Ganguillet, 28 ans; François Chappatte, 24 ans; Henri Ganguillet, 23 ans; Stanislas Sauvain, 21 ans. La crise sévissait en cette
année 1931 et il fallut renflouer à tout prix la caisse qui menaçait d'être emportée par une vague de fond. Il appartenait
alors à M. Henri Hirschi de conduire les destinées de la Fanfare pendant cette époque pénible. La société perdit en
1932, un de ses fidèles soutiens, en la personne de M. Louis, Hutter, son vice-président d'honneur. Quelques semaines plus tard, elle accompagnait
à sa dernière demeure, le bon docteur Ch.-N. Minetta, médecin unanimement regretté.
En 1933, la Fanfare dut prendre congé d'un de ses meilleurs amis, M. Joseph Meyer, nommé à Porrentruy comme sous-chef de gare. Cette même
année, les répétitions furent quelque peu désorganisées par le départ à Bienne du directeur, M. W. Jenni, ce
dernier n'assumant la direction qu'une fois par semaine.
La situation financiàre étant difficile, il se constitua un Comité protecteur, grâce à l'appui bienveillant d'un certain
nombre de personnalités. Me Jules Schlappach en était le président, M. Henri Kramer, le vice-président et Me Marc Germiquet le
secrétaire-caissier. Au mois de janvier 1934, le comité suivant présidait aux destinées de la société: MM. Henri
Ganguillet, président, Stanislas Sauvain, vive-président, Honoré Plantaz, secrétaire des verbaux, Oscar Racine, secrétaire
correspondant, Marcel Châtelain, caissier, Robert Chappatte.
Dans la nuit du 23 au 24 avril, un événement douloureux allait porter un gros préjudice à la société. La halle de
gymnastique, le local de répétition, et le hangar des pompes étaient la proie des flammes. Plusieurs musiciens avaient laissé leur
instrument au local apràs le concert du 21 avril. Bilan de cet incendie: plus de vingt instruments détruits, la batterie au complet, les lutrins,
les lampes portatives, les buffets, la bibliothàque, les cahiers de musique, les vieilles banniàres, des cadres, des couronnes, des jeux, etc. Ce
fut un coup tràs dur et l'assurance versa une somme de Fr. 7250.- grâce aux tractations activement menées par Me J. Schlappach. La maison
Wicky à Genàve fournit la nouvelle instrumentation. On se remit immédiatement au travail pour la préparation du Festival de Bévilard
et la mise en chantier de la grande manifestation du 75e anniversaire qui déroula ses fastes les 28 et 29 juillet 1934. L'année 1935 débuta
sous des aspects peu encourageants, le chômage sévissait avec acuité. Les recettes diminuant continuellement, il fallut baisser le traitement
du directeur du tiers. Ce fut à partir de cette année que notre corps de musique porta le titre de Fanfare municipale de Tavannes, cela avec
l'acquiescement des autorités municipales.
Le 8 août, ce fut l'ensevelissement de M. Alfred Saunier, un des membres fondateurs de la société.
L'organisation du Festival de district étant confiée à la Fanfare municipale, le comité d'organisation fut présidé
avec un entier dévouement par Me J. Schlappach. Cette manifestation connut une brillante réussite. En cette même année 1935, un
magnifique succàs attendait nos musiciens à la Fête jurassienne de musique de Reconvilier. Avec « Fra Diavolo » comme morceau de choix,
«Fête de Bacchus », comme morceau d'une heure, la Fanfare décrochait la Ire couronne avec franges or et 91 points, et se classait au 2e rang au
concours de marche avec 39 points, ayant interprété « National Emblem ». Comme on peut le deviner, la réception à la gare par toute
la population, fut des plus chaleureuses.
En 1937, trois musiciens émérites reçurent la médaille fédérale pour 50 ans d'activité. Un vétéran
fédéral, M. Léon Hirschi, était conduit le 9 février à sa dernière demeure aux sons de l'émouvante marche
de Chopin.
Relevons, comme événement marquant de cette même année, le concert donné au Kursaal d'Interlaken, la nomination comme sous
directeur, de M. Henri Devain, le beau geste de M. Paul Desvoignes, membre fondateur, qui fit parvenir un cadeau à chaque musicien, sans oublier
les sérénades pour divers anniversaires. L'effectif était fort réjouissant en 1938, puisqu'il atteignit le chiffre de 58 musiciens.
Le travail avait repris en plein et une course magnifique à Belfort et au Ballon d'Alsace laissa un souvenir très vivace au coeur de tous les
participants. La première année de la 2e guerre mondiale allait porter un coup fatal à la plupart des sociétés locales et dàs
la fin d'août 1939, les répétitions étaient réduites à leur simple expression, un très grand nombre de musiciens
étant sous les drapeaux. Quelques musiciens se réunissaient le samedi soir. Ces perturbations subsistàrent pendant les années 1940,
1941 et 1942. C'est ainsi qu'une assemblée générale en 1941 ne groupait que 21 membres, 36 étant absents au service militaire.
Une assemblée extraordinaire réunie quelques jours plus tard ne fut pas mieux revêtue. L'on y discuta sérieusement du maintien ou de
la suppression des répétitions. Ce fut la première alternative qui fut choisie. Au cours de cette même année, La Fanfare eut
la douleur de perdre son cher président d'honneur, M. Charles Chappatte, ainsi qu'un membre protecteur, M. Paul Brand. La situation s'améliora
quelque peu en 1942 et les périodes de services étaient moins fréquentes, spécialement pour les classes aînées. A
l'assemblée générale, les musiciens désignèrent leur nouveau Président d'honneur en la personne de Me Jules Schlappach,
alors que Me Marc Germiquet était nommé vice-président d'honneur, cela pour les innombrables services rendus par eux à la société,
et plus spécialement comme animateurs du comité protecteur.
L'année 1943 s'annonça comme difficile par suite des périodes de service. Les événements politiques et militaires s'étant
précipités en 1944 et les soldats jurassiens étant appelés plus fréquemment sous les drapeaux, le comité de la Fanfare
dut prendre la décision de supprimer les répétitions vers le milieu de juin. Au début de mai 1945, le terrible conflit prenait fin.
On allait pouvoir respirer dans les sociétés; les comités allaient être délivrés de leur gros soucis, les
répétitions reprendraient normalement. A la Fanfare, musiciens et directeur se remettaient à l'ouvrage avec entrain. M. Henri Ganguillet, qui
présida la société pendant 25 ans, était rentré dans le rang, après avoir rempli une tâche immense. A fin juin,
une douloureuse mission était échue à la Fanfare, celle de conduire à sa dernière demeure, son dévoué membre
protecteur M. Henri Kramer, maître-imprimeur.
En 1946, la société participait au 75e anniversaire de la Fanfare de Reconvilier.
Renouant avec la tradition, on organisait un grand voyage au Tessin avec plus de 80 participants. Après vingt ans de direction, M. W. Jenni donnait sa
démission, privant ainsi notre corps de musique d'un chef autorisé et énergique et d'un musicien de grand talent. Son successeur fut
désigné en la personne de M. A. Guenin, professeur de piano à Tramelan. Il était question depuis longtemps déjà du
remplacement des uniformes par un costume plus seyant et plus pratique. Une collecte organisée à l'occasion du 75e anniversaire de la
Société de tir Ancienne rapportait une somme de Fr. 192.-. L'élan était donné. Quelques semaines plus tard, l'assemblée
municipale votait une subvention de Fr. 6000.- pour l'achat de nouveaux uniformes. Mais une crise menaçait à nouveau la société, crise
due à l'indifférence manifeste de certains membres. Il fallut une assemblée extraordinaire, au cours de laquelle le président
admonesta sérieusement les participants, pour que la société prît la résolution ferme de se remettre courageusement au travail.
Le 22 mai 1948 fut une journée mémorable. Un voeu caressé depuis longtemps se réalisait. Devant un public impatient, les musiciens
se présentaient en seyants uniformes et le lendemain, ils parcouraient les rues du village, conduisant le cortège de la Fête cantonale des
Unions cadettes. Ils furent arrosés copieusement, ces uniformes, pour la première fois, à l'occasion de la course en Valais des 4 et 5
septembre. Il appartenait à la Fanfare d'organiser les Journées musicales du Jura Centre en 1949. Les écluses célestes si
fréquemment ouvertes, allaient-elles compromettre le succès de ces journées? Miraculeusement le ciel se rasséréna les 21 et 22
mai et ce fut un succès complet. Le concert donné l'après-midi du dimanche fit une impression considérable sur un public averti.
La fin de l'année 1949 devait être assombrie par le décès inattendu le 5 octobre, de
M. Casimir Guerne, membre d'honneur. Au mois de décembre, c'était le tour de M. François Chappatte qui avait à son actif plus de 50 ans
de sociétariat. Notre Fanfare reprit le travail avec élan et la Fête de musique de St-Imier consacrait son zèle, puisque nos musiciens
y remportaient une couronne de lauriers de 1ère classe avec 85 points et se classaient 2ème ex-æquo au concours de marche, sous la direction
experte de M. Guenin. La société ne détruisit pas ses anciens uniformes, elle en fit don au contraire à la Fanfare de Soulce. Une course-visite
dans le petit village vadait, laissa à tous le meilleur souvenir, grâce à la réception chaleureuse dont ils furent l'objet par la
population toute entière. Sept de nos fidèles musiciens furent honorés à l'assemblée annuelle de la Fédération
jurassienne en 1951: MM. Albert Ganguillet, Ch.-Ed. Châtelain et Fritz Brawand reçurent la médaille pour 50 ans d'activité,
Eugène B&utrem;rki, Marcel Châtelain, Marcel Noirjean et Honoré Plantaz, leur médaille de vétérans jurassiens pour
25 ans d'activité. Ce fut au mois de mai de la même année que M. René Zwahlen aborda pour la première fois le jury et le grand
public. Le jeune et talentueux directeur remporta un légitime succès avec l'ouverture « Rakoczy ». Quelques semaines plus tard, on devait conduire
M. Stanislas Sauvain, membre d'honneur, à sa dernière demeure. On faisait parfois des cachotteries dans un procès-verbal de société,
puisqu'on y parlait longuement d'une course organisée par les C.F.F. Après la lecture de deux pages de commentaires, on ignorait toujours l'itinéraire
et le but de la course. Invitée par la Fédération jurassienne de musique à organiser l'assemblée générale, notre
société, avait la joie d'accueillir les quelque 180 délégués qui applaudirent un fort beau concert de la société.
Au mois de septembre, une assemblée groupait les membres du comité protecteur, le comité de la Fanfare et la commission musicale. Il
s'agissait de trouver une somme importante pour le renouvellement d'une série d'instruments usés et pour l'achat d'uniformes. Diverses propositions
furent émises: organisation d'une collecte, éventuellement d'une tombola, augmentation de la cotisation des membres protecteurs, augmentation de
l'effectif des membres protecteurs, sollicitation d'une aide éventuelle des pouvoirs publics municipalité et bourgeoisie. Finalement, on en vint
à décider l'organisation d'une tombola dans le cadre local avec l'émission de 6000 billets à Fr. 1.-. D'autre part, une collecte
serait effectuée auprès des entreprises locales. L'assemblée décida en outre de passer commande immédiatement d'une série
d'instruments pour la somme de CHF 2400.-.La proposition de participer à la Fête fédérale ne trouva pas grâce devant
l'assemblée, les frais inhérents étant trop élevés, soit de l'ordre de Fr. 3 000.-.
En 1953, Emile Wolf obtenait sa médaille pour 50 ans de musique, Henri Hirschi était nommé vétéran fédéral avec
trente-cinq ans d'activité et M. Georges Breuleux, vétéran jurassien pour 25 ans d'activité. Au cours de l'assemblée de 1954,
les musiciens honorèrent la mémoire de deux membres d'honneur décédés, MM. Edouard Roethlisberger, instituteur et Numa Droz,
ainsi que celle de M. Evald Saunier, président de la Fédération de district. Avec l'année 1955, on pouvait fêter les 20 ans
d'activité de M. Marcel Châtelain. En qualité de caissier, le jubilaire manipula au cours de cette période près de Fr. 300000.-.
A part la participation à la Fête jurassienne de Moutier, il n'y eut rien de particulièrement saillant au cours de l'année 1956 sinon
les sempiternelles remarques des responsables qui se plaignent de la fréquentation irrégulière.
Au cours de 1957, la Fanfare honora ses plus fidèles actifs musiciens en leur remettant une plaquette pour trente ans de musique. Voici ces heureux
bénéficiaires: Henri Guanguillet depuis 1908 Emile Wolf depuis 1914 Robert Chappatte depuis 1918 Albert Bàrfuss depuis 1919 Willy Droz
depuis 1924 Marcel Noirjean depuis 1925 Marcel Châtelain depuis 1925. L'activité ne se ralentit pas en 1958: festival, cortège nombreux,
en particulier celui de la Fête des Saisons, concerts publics, sérénades, etc. Mais la course de deux jours en Valais, avec visite du barrage
de la Grande-Dixence fut une heureuse diversion et ce magnifique voyage laissa à tous un inoubliable souvenir. Ce fut en 1958 que le président actuel,
Henri Ganguillet, reçut sa médaille fédérale, consécration d'une magnifique carrière. Le 11 février 1959, un
long convoi funèbre, emmené par la Fanfare, parcourait les rues du village. Me Marc Germiquet, vice-président d'honneur et
secrétaire-caissier du comité protecteur était conduit au champ du repos.
L'objectif no 1 en 1959 est la préparation de la Fête du Centenaire qui sera célébré les 27 et 28 juin, fête simple et
digne que nous souhaitons joyeuse et à laquelle s'associera toute notre population. Au terme de notre exposé, nous voudrions apporter à notre
Fanfare centenaire, les vives félicitations de tous ceux qui savent apprécier le dévouement inlassable de ses membres, l'activité
féconde de ses dirigeants. Adressons notre gratitude à ceux qui, au cours d'un siècle, cultivèrent l'art de la musique, notre
reconnaissance à la phalange des membres d'honneur, aux musiciens actifs, aux directeurs, en un mot à tous ceux qui maintinrent haut et ferme
le drapeau, sans jamais se laisser abattre, qui luttèrent contre vents et marées pour faire triompher une tâche qu'ils savaient juste et belle.
Conçoit-on notre village sans sa Fanfare? Toujours à la brèche, recevant nos sociétés à la gare au retour de
compétitions ou de concours, accueillant les écoliers à la gare, saluant l'an nouveau, prêtant son concours à toutes les
manifestations importantes, conduisant les cortèges, participant à la Fête des Saisons devenue traditionnelle et dont le succès
s'affirme toujours plus, la Fanfare municipale mérite amplement la confiance que lui témoigne chacun. Aujourd'hui, la Fanfare compte 44 actifs,
dont 17 membres d'honneur. Jeunes et vieux se coudoient aux répétitions et tous sont animés du même amour de la musique, tous sont
unis pour cultiver la fleur de l'amitié, et pour mettre un peu de poésie dans nos coeurs. Au seuil de ce deuxième siècle
d'existence nous invitons tous les membres de la Fanfare à cultiver avec passion l'art musical dans notre cité, à maintenir haut et ferme
le drapeau, signe de ralliement, à conserver entre eux ce bel esprit d'ardeur au travail, de discipline librement consentie, d'harmonie et de bonne
camaraderie qui anima les pionniers.
Vive la Fanfare municipale de Tavannes. R. Lutz
1959-1984
Les cachotteries semblaient faire partie des tàches de certains secrétaires des verbaux, cap- de 1959 à 1966 l'on ne retrouve plus aucune
trace de protocoles dans les archives de la société. Mais, c'est grâce à l'amabilité de M. Henri Kramer, éditeur du
«Courrier de la Vallée de Tavannes » qui nous a autorisé à consulter le registre de ce journal que nous avons appris une partie de la vie
de notre fanfare municipale en 1959. M. Kramer a également consenti que l'on reproduise textuellement les articles tels qu'ils ont paru sur le
«Courrier de la Vallée de Tavannes », ce dont nous le remercions pour ce noble geste. C'est par cette filière que l'on a appris que c'est le mardi
26 mai 1959 que la Fanfare municipale a donné un concert devant le bâtiment de la Banque Populaire et qu'un nombreux public profitant d'une
soirée particulièrement douce, a joui pleinement de cette charmante sérénade et que le dimanche 31 mai la fanfare participa au
Festival de chant et de musique du district de Moutier à Courrendlin. Le dimanche 28 juin 1959 notre corps de musique fêtait son centenaire. Afin de nous
permettre de donner ici un aperçu de ces festivités, événement historique, pourtant, nous sommes également autorisés
à reproduire intégralement le communiqué paru dans le journal local et régional le « Courrier de la Vallée de Tavannes » du
30 juin 1959, ce qui nous facilite énormément la tâche, car aucune trace de ces festivités n'apparaît dans les archives de la
fanfare. Voici donc ce qu'a écrit le «Courrier»:
Centenaire de la Fanfare municipale de Tavannes 27 et 28 juin 1959
«Préparée avec un soin jaloux par un comité d'organisation qui ménagea ni temps, ni peines, et que présidait avec autorité
M. Otto Burkhalter, dont on connaît le dévouement, la fête du centenaire de la Fanfare municipale a connu un immense succès.
Soirée du samedi:
Elle débuta par une grande soirée-variétés animée par Max Lerel, à la cantine du stand, joliment aménagée
et décorée. La Fanfare municipale ouvrit les feux par d'allègres morceaux. La polka des «Deux Pinsons» au cours de laquelle MM. St&otrem;ckli
et Crettenand se révélèrent de parfaits instrumentistes, fut hautement appréciée. Le comité des récréations
avait promis un programme de variétés sensationnel. Ce fut le cas samedi et l'accueil fait à chaque numéro par un public enthousiaste,
en fut la preuve. Max Lerel, toujours fringant, fit les présentations. Le programme débuta par un tour de chant de Rina Carli, accompagnée
à l'accordéon par le virtuose Armand Croari. Rina Carli possède une voix chaude et sympathique et toutes ses productions furent vivement
applaudies, de même que son habile accompagnateur. Les Trois Petras furent stupéfiants d'audace dans leur numéro de force et provoquèrent
l'admiration de chacun. La danseuse acrobatique Luzia, ex-danseuse étoile du Châtelet, dans la danse acrobatique de la « Soubrette» du plus bel effet,
recueillit de vigoureux applaudissements. Sa deuxième production «Danse de la panthère» ne fut pas moins prisée. Quand au ventriloque
André Ben, il présenta un numéro digne des plus grands music-halls. Il mit tout d'abord la salle entière en gaîté en
racontant d'excellentes histoires gaies de la meilleure veine, avec un talent consommé de diseur. Quand à son partenaire indiscipliné Jojo,
il fut impayable d'humour. Le numéro de A. Ben est parfaitement au point et c'est un des plus forts ventriloques, sinon le plus fort, que nous ayons
entendus. Quant aux trois clows Petrus, ils recueillirent d'unanimes applaudissements. Enfin Rina Carli se surpassa dans les chansons de la belle époque,
accompagnée discrètement par son partenaire Croari. Ce magnifique programme se déroula avec un entrain endiablé et nous ne pouvons que
féliciter la commission de récréations et le comité d'organisation d'avoir eu la main si heureuse. Que dire de l'orchestre
«New Sounder's » du Bellevue Palace de Berne, sinon qu'il contenta les plus difficiles. Il y avait tant d'amateurs de danse sur scène que ceux-ci avaient
parfois l'impression d'être portés. C'est certainement un des meilleurs orchestres qu'il nous fut donné d'applaudir, et cela depuis de longues
années en arrière. Ajoutons encore que la vaste cantine était archi-comble.
Journée officielle:
Après la grosse pluie de la nuit, on craignait beaucoup une journée maussade. Il n'en fut rien heureusement, et un temps des plus propices
présida à la journée officielle. Dès l'arrivée des trains au début de l'après-midi, le comité de
réception servit un vin généreux aux invités et le cortège s'organisa. Précédé des bannières
des sociétés locales, encadré par de gracieuses demoiselles d'honneur chargées de fleurs, le cortège parcourut les principales
rues du village, aux sons d'allègres pas redoublés, joués tour à tour par l'Union instrumentale de Tramelan, la. Fanfare municipale,
les Fanfares de Malleray et Villeret. La cantine était comble au moment où débuta le concert offert par les sociétés participantes.
On y applaudit tout d'abord l'Union instrumentale sous la direction de M. Gérard Donzé, professeur. Nos amis tramelots jouèrent des oeuvres
modernes aux rythmes syncopés qui soulevèrent des salves d'applaudissements. Le bel ensemble de Villeret, sous la direction experte de M. Eicher,
joua avec maestria des morceaux intéressants. On put même applaudir M. Daniel Vuilleumier, dans un solo de baryton avec accompagnement de fanfare.
La Fanfare municipale se tailla à nouveau un beau succès, et plus spécialement avec sa polka des Pinsons. Il appartint à la Fanfare
de Malleray de terminer le programme. Elle le fit avec brio, sous la direction de son chef M. Alfred Marchino. La partie oratoire de cette journée officielle
ne fut pas moins copieuse. Elle débuta par les souhaits de bienvenue de M. Otto Burkhalter qui salua, outre les délégués des
autorités municipales, bourgeoises, des sociétés locales, des sociétés amies voisines, les fanfares invitées, M.
Léon Membrez, venu tout exprès de Courtételle pour apporter les voeux de la Fédération jurassienne de musique, M. Gilbert
Boillat, mandataire de la Fédération des sociétés de chant et de musique du district de Moutier, M. Walter Jenni, ancien directeur
de la fanfare. M. René Lutz, auteur de la plaquette du Centenaire, résuma, en un exposé vivant, les cent ans d'existence de la Fanfare,
émaillant son récit d'anecdotes amusantes. Il invita, en guise de conclusion, les jeunes gens à suivre un cours de solfège, à
s'intéresser à la musique instrumentale et à se faire recevoir sociétaire actif de la Fanfare, afin d'assurer la relève.
Les délégués officiels des diverses sociétés et groupements prirent successivement la parole pour apporter voeux et compliments,
accompagnant leur message d'un cadeau, accepté avec reconnaissance. C'est ainsi qu'on entendit successivement M. Châtelain, au nom de la Fanfare de
Villeret, Me J. Schlappach qui s'exprima en tant que maire et ami personnel de la Fanfare. Dans sa brillante improvisation, M. le maire insista sur l'importance
pour une cité de posséder un corps de musique, sur la reconnaissance que notre village doit à sa fanfare et remit un magnifique présent
de la municipalité. Il dit également toute la fierté du comité protecteur qu'il préside depuis sa fondation et remit en son
nom un magnifique bugle. D'autres membres protecteurs et amis remirent encore de substantiels cadeaux à la fanfare. La péroraison de l'orateur fut un appel
vibrant aux jeunes trop souvent désoeuvrés pour les engager à faire partie d'une société à but artistique ou sportif.
M. Léon Membrez prononça une allocution chaleureuse, rendant hommage aux pionniers de la première heure, aux dirigeants, aux directeurs de la fanfare
jubilaire, en un mot, à tous ceux qui oeuvrent sans relâche pour le développement de l'art musical dans le Jura. L'orateur remit une coupe
en gage d'amitié de la Fédération jurassienne de musique. Puis on entendit successivement les mandataires de la Fédération de
district, des Fanfares de Reconvilier, Tramelan, Malleray, Loveresse, des Sociétés-Réunies, de l'Echo de Pierre-Pertuis du Choeur mixte
protestant, du Mânnerchor Eintracht, de la Société Fédérale de gymnastique, des accordéonistes groupés pour la
remise d'un cadeau, du Football-Club, de la Société de tir, du Choeur mixte catholique, toutes ces allocutions s'accompagnant d'un cadeau. Visiblement
ému, M. Henri Ganguillet, au nom de la Fanfare, exprima sa gratitude à chacun et se dit touché des magnifiques présents reçus
à l'occasion de ce centenaire. Avant l'exécution de la marche d'ensemble, dirigée par M. René Zwahlen, M. Otto Burkhalter tint à
remercier tous ses collaborateurs du comité d'organisation. La Fanfare, de son côté, fleurit abondamment celui qui avait été la
cheville ouvrière de cette manifestation en la présidant avec le talent que l'on sait. La marche d'ensemble bissée, ce fut la dislocation,
chacun regagnant son foyer avec la satisfaction d'avoir passé des heures joyeuses et inoubliables. Et maintenant, en avant, chers musiciens, pour le deuxième
siècle d'existence. » Et c'est prêt.
Plus aucune trace de documents historiques. La société, après avoir vécu de belles journées du centenaire semblait entrer dans
une période de grave crise incompréhensible. Aussi, faute de documents, nous devons nous baser sur les déclarations d'anciens membres
actifs qui nous firent part de leurs souvenirs, nous permettant ainsi de continuer à rédiger notre texte pour la brochure du 125e anniversaire.
En 1960, la fanfare municipale était toujours vivante, mais par manque de zèle de la plupart des membres, l'activité se bornait à la
participation aux répétitions, à l'exécution d'aubades ou de sérénades en l'honneur de citoyennes ou citoyens lors de
leur 90e anniversaire. La participation à la Fête des Saisons se faisait comme par le passé, en prenant part au corso, et en jouant en marche.
Aussi c'est avec une profonde tristesse que l'on se souvenait des années 30, période où Tavannes pouvait être cité en exemple,
tant par le nombre d'exécutants que par la qualité de ses exécutions musicales en marche et lors de concerts en plein air ou en salle.
L'année 1960 s'est terminée par l'exécution de quelques marches près de l'hôtel Terminus pour saluer l'an nouveau.
L'assiduité aux répétitions n'étant pas devenue meilleure, le directeur René Zwahlen menaça en déclarant qu'il
démissionnerait si les membres continuaient à ne pas faire preuve d'une meilleure volonté. Il fut tout de même possible de jouer en
l'honneur des mamans, à l'occasion de la fête des mères le deuxième dimanche de mai. Au corso de la Fête des Saisons en 1961,
la fanfare y prit part avec succès en jouant en formation de marche avec en tête la bannière de 1925. Malgré tout, il semblait
qu'à la suite de cette fête, un sérieux coup de fouet avait été donné puisque le chemin au local des
répétitions était à nouveau repris par un plus grand nombre de musiciens. Etait-ce le début d'une ère nouvelle? Il
semblait, selon les déclarations qui nous ont été faites qu'un vent nouveau soufflait. Des membres animés et entreprenants se mettaient
à disposition pour reprendre les rennes de la société. Et c'est en effet au printenps 1962 que M. Georges Parel, dit « Badou », était
nommé président de la fanfare municipale, succédant à M. Henri Ganguillet qui avait conduit la barque depuis 1957 déjà et ceci
avec un grand dévouement et avec succès. Avec l'aide d'un ancien secrétaire et membre d'honneur, nous pouvons continuer le travail
commencé. C'est par cette source de renseignements que nous apprenons qu'en 1966, année à partir de laquelle des procès-verbaux sont
à nouveau à disposition, le 27 novembre l'assemblée des délégués de la Fédération de district de chant et de
musique avait lieu à Tavannes et que la fanfare avait joué quelques morceaux de son répertoire avant l'ouverture de cette assemblée qui
se déroulait au Cercle démocratique. C'est aussi en 1966 que quelques membres donnaient leur démission, c'étaient MM. Denis Crettenand,
Roland Rindlisbacher, G. Perrelet, A. Quinche. C'est déjà en 1966 que le comité et tout spécialement son président « Badou »
carressait le désir de l'achat d'une nouvelle bannière, car l'ancienne était défraîchie, partiellement déchirée
et pour le banneret vraiment difficile et pénible à tenir, parce que très lourde pour porter en marche.Lors d'une séance de comité
le 2 février 1966, le président a présenté des maquettes de la maison Heimgartner de Wil (SG). Il fallait à l'époque
déjà prévoir une dépense de minimum Fr. 2 100.- pour un emblême. La situation financière ne permettait pas de passer
commande. Sans une aide financière, soit par une collecte ou l'organisation d'une loterie, il n'était pas possible actuellement de réaliser
ce projet. Il ne restait donc qu'une solution. Encore une fois renvoyer la chose à plus tard. Et c'est cette sage résolution qui fut prise.
Déjà à ce moment l'on songeait au 125e anniversaire qui sera fêté en 1984 et qu'une nouvelle bannière pourrait
éventuellement rehausser cette manifestation en l'inaugurant lors de cet anniversaire. Une nouvelle bannière adaptée à nos temps et
aux besoins de l'époque. En date du 31 août 1966 le comité avait accepté les démissions de MM. Georges Parel et Denis Crettenand.
C'est ainsi que l'on constatait que cette fleur: La Fanfare municipale s'étiolait rapidement et qu'elle risquait fort de flétrir complètement.
La situation était grave, mais pas désespérée, car il y avait toujours encore un bon noyau de fidèles musiciens.
L'année 1967 était à peine commencée que deux membres, soit Albert Bàrfuss et Marcel Erard étaient
délégués pour représenter la fanfare à l'Assemblée générale de la FJM à Corban le 15 janvier 1967,
date à laquelle le secrétaire Mario Jelmorini a reçu la médaille pour 35 ans de musique. C'est également lors de cette
assemblée que Tavannes et Reconvilier furent nommés vérificateurs et rapporteurs pour l'assemblée de l'année suivante. Très
déçu par le manque d'assuidité et le manque de discipline d'un trop grand nombre de musiciens, le directeur René Zwahlen
démissionne et quitte ses fonctions définitivement. A la demande de la Société fédérale de gymnastique, notre fanfare
répondant favorablement à cette demande prêtera son coucours à l'occasion de la fête cantonale de lutte qui a lieu à Tavannes.
Mais!.. Il n'y avait pas de directeur! Exceptionnellement, M. René Zwahlen a accepté de diriger bénévolement pour cet
événement, de même que pour la Fête des Saisons, geste qui a été très apprécié par les musiciens,
ainsi que par toute la population du village. Lors de la Fête des mères, la fanfare donna concert sur la place centrale, et participa le 11 juin
au 25e anniversaire de la fondation de Pro Ticino, section de Tavannes et environs. Durant ce mois de juin, nos musiciens n'ont vraiment pas chômé. En
effet, le 24 juin, ils jouaient pour l'inauguration du Centre scout, le 25 juin, ils réceptionnaient la Société fédérale de
gymnastique qui rentrait de la Fête fédérale de Berne, ainsi que l'« Echo de Pierre-Pertuis » et le M&atrem;nnerchor «Eintracht» qui
participaient à la Fête jurassienne au Noirmont. La Fanfare participa également à la Fête jurassienne des pupilles. A la suite
du départ du directeur René Zwahlen, il. fallait repourvoir à son remplacement. Pour ce faire, un jeu d'annonces a paru dans différents
quotidiens de la région. Quatre candidats avaient fait parvenir leur offre, soit MM. Ch. Jorat, La Chaux-de-Fonds; Jos. Beuchat, Bassecourt; Romain Farine,
Bassecourt; Mademoiselle Scheimbeth, La Chaux-de-Fonds.
En date du 13 octobre 1967, le choix s'est porté sur M. Romain Farine, comme nouveau directeur de la Fanfare municipale. Dès le début de ses
activités, il trouva un programme chargé dont les échéances sont les suivantes: 18 novembre, inauguration de l'Hôtel de ville,
du Home Prés fleuris et de la Station de pompage de «La Dout ». 8 décembre, sérénade à Robert Chappatte, père,
membre d'honneur pour ses 40 ans de mariage. Selon les renseignements obtenus par Mario Jelmorini, l'assemblée générale annuelle 1968, eu
lieu le 17 février, à l'Hôtel des Deux-Clefs. M. Henri Ganguillet le dévoué président s'est plu à saluer la
présence de Me Jules Schlappach, président d'honneur et président du comité protecteur, des membres d'honneur Eugène B&utrem;rki,
Fritz Nobs ; Jean Kuhn et Otto Burkhalter, membres du comité protecteur. Le président à nouveau doit faire appel à la bonne volonté
des musiciens et il demande plus d'assiduité aux répétitions. Le nouveau directeur déclare dans son rapport toute la satisfaction qu'il
a à diriger notre ensemble et pense arriver à un résultat positif avec la poignée d'instrumentistes qui sont fidèles à
la société. Insiste également à une meilleure fréquentation des répétitions, et déclare franchement :
«J'ai beaucoup de temps a donner pour arriver à quelque chose de concluent; mais je n'ai pas de temps à perdre. » Le directeur termine son rapport
par ces mots: « Je vous souhaite à tous une bonne soirée, un bon dimanche et surtout n'oubliez pas la répétition de mardi prochain 20
février, en ajoutant: il n'est pas défendu de répéter également à la maison, mais au contraire, c'est même
très recommandé. ». Nos musiciens participèrent entre autre le 23 juin à la Journée musicale à Perrefitte; le 30 juin
au Festival de district à Moutier; et le 2 juillet c'était une sérénade qui était donnée au Bas du village,
sérénade, après laquelle le verre de l'amitié offert par M. Jean M&utrem;ller au Restaurant Fédéral fut très
apprécié. Nous ne voulons pas omettre de mentionner que le même soir Paul Strohmeyer, père, membre d'honneur conviait les musiciens
chez lui à fraterniser à l'occasion de ses 30 ans de mariage. Ce fut donc une soirée bien remplie, ce qui nous permet de constater que la
fanfare est une société qui est vivante, qui demande beaucoup à ses membres, mais qui savent avec beaucoup de satisfaction faire plaisir
à notre population. La municipalité ayant sollicité la fanfare pour prêter son concours à la manifestation du 1er août,
c'est bien à regret qu'une réponse négative a dû être donnée, le plus grand nombre de l'effectif étant encore
absent de la localité, dont plusieurs même en vacances à l'étranger. A la demande de la Paroisse catholique, la fanfare a joué
le 5 octobre à l'occasion de la Vente de charité à la Salle de paroisse et le 5 novembre, une sérénade était donnée
pour les 90 ans de M. Louis Ganguillet aux Casquettes. De même source de renseignements, nous apprenons que dès le 29 mars 1969, la fanfare a un
nouveau comité avec comme président M. Maurice Humair. Et voici que les cachotteries recommencent, car nous sommes tributaires des renseignements
que nous devons glaner par ci et par là. Avec certitude nous pouvons relater que le 9 mai 1969, Paul Strohmeyer et Mario Jelmorini avaient
représenté la fanfare au Centenaire de l'Union instrumentale de Tramelan et qu'ils avaient été chargés de remettre un don
à la société jubilaire. Le ler juin 1969 nos musiciens donnaient une sérénade et honoraient M. Jean Alchenberger à
l'occasion de son 90e anniversaire. Le jubilaire était le dernier serrurier que Tavannes a connu.
A la fin de l'été 1969, des bruits se répandaient parmi la population que quelque chose ne tournait plus rond à la fanfare municipale.
Le président du comité protecteur Me Jules Schlappach, maire, ainsi que les autres membres du comité protecteur se faisaient des soucis
à l'écoute desdits bruits et sur proposition de M. le maire et président d'honneur de la fanfare, l'on envisagea de demander la convocation
d'une assemblée générale extraordinaire, assemblée à laquelle seraient convoqués le président et les membres du
comité protecteur. Ainsi fut fait et c'est le 17 octobre 1969 qu'eu lieu cette assemblée. C'est Me Jules Schlappach qui prit en qualité de
président d'honneur et de président du comité protecteur, l'initiative de conduire les débats. Il s'exprima en ces termes:
« C'est avec peine que je constate la crise actuelle. Il s'agit de mettre fin à certaines mésententes, à certaines jalousies et chicanes
néfastes. Il faut absolument remettre la société en marche. Il dit encore qu'aucun reproche ne peut être fait au comité protecteur
qui toujours a donné une aide morale ou financière lorsqu'elle était demandée. Il fait la remarque que la fanfare porte le nom de
«Fanfare municipale», qu'elle touche une subvention régulière portée au budget annuel de la municipalité. Tavannes se doit d'avoir
un corps de musique digne de sa grandeur et de son importance. ». M. le maire demande à ce que chaque membre présent à cette assemblée
se prononce ouvertement et sans arrière-pensée. Me Schlappach dit encore: «Il faut former un nouveau comité et il propose de nommer un
comité administratif avec un membre protecteur à la présidence, des musiciens chevronnés faisant aussi partie de ce comité. En
bonne collaboration avec le directeur, Me Schlappach est persuadé que la fanfare municipale pourrait reprendre un bon départ et arriver à un
résultat positif. Il dit encore que la municipalité est toujours là et il propose à l'assemblée de nommer M. Otto Burkhalter,
imprimeur, président. M. A. Gobat approuve cette proposition qui est acceptée à l'unanimité. Pour permettre à chaque responsable
de mettre ses affaires en ordre, il est décidé que l'assemblée constitutive aura lieu le 7 novembre 1969 au local de la fanfare à
l'Hôtel de Ville.
Le 7 novembre a lieu l'assemblée demandée.
Le président sortant M. H. Ganguillet remet son matériel, de même en font le secrétaire et le caissier. II est procédé à
la formation du nouveau comité, dont voici la composition:
Président: Burkhalter Otto. Vice-président: Perrig Joseph. Caissier: Prêtre Jean-Claude. Secrétaire correspondances: Pécaut
Bernard. Secrétaire verbaux:Jelmorini Mario. Membres assesseurs: Gobat Armand, Haeberli Ernest, Strohmeyer Paul, Broggi André.
Donc dès le 7 novembre 1969 la fanfare municipale avait son nouveau comité, duquel musiciens et citoyens de Tavannes attendent beaucoup. Certes,
celui-ci ne pourra pas faire des miracles, mais le départ était donné et ce ne fut pas un faux départ. Le directeur était
toujours M. Romain Farine et M. Bruno Canton assumait la sous-direction. 1969 est une année d'élections à Tavannes. Le 7 décembre,
la fanfare joue en l'honneur de Me Jules Schlappach qui après 22 années quitte la mairie, poste qu'il a occupé avec compétence,
beaucoup d'autorité et grand dévouement. La fanfare a profité ce même jour de jouer également quelques morceaux en l'honneur
de M. Armand Gobat, élu nouveau maire. Cette double sérénade s'est déroulée dans le hall de l'Hôtel de Ville. M. Denis
Crettenand, ancien membre de la fanfare s'était mis à disposition pour s'occuper de la direction pour la circonstance. C'est donc sous sa baguette
que la fanfare, renforcée par quelques musiciens de Malleray, a joué quelques morceaux entraînants du petit cahier rouge. Nous remercions
ici encore Denis Crettenand et les Malleray pour leur beau geste et pour leur dévouement. Cet heureux événement se termina au local de la
fanfare, à l'Hôtel Terminus où M. Gobat, le nouveau maire de Tavannes avait offert le verre de l'amitié aux musiciens et aux membres
du comité.
Un vent nouveau soufflait et le président réunissait son comité avant la fin de l'année, soit le 23 décembre au Restaurant
Central. Tous les membres étaient présents, ce qui permettait au président d'adresser des félicitations à M. A. Gobat, membre
du comité pour sa brillante élection à la mairie. Le nouveau maire déclare qu'il fera tout ce qu'il peut pour le bien de la fanfare
municipale. Le comité a décidé de convoquer une assemblée pour le 12 janvier 1970 à l'Hôtel de Ville. Cette assemblée
a eu lieu, M. Bernard Pécaut a envoyé 25 convocations et la fréquentation était à peu de chose près totale. Nous avons
eu à déplorer la perte de deux anciens membres, MM. Lucien Eggenschwyler et Fritz Brawand. L'assemblée s'est levée pour observer une
minute de silence en leur mémoire. Fait plus réjouissant: le président pouvait souhaiter la bienvenue à un nouveau membre en la
personne de M. Erwin Graf qui pratique la musique depuis longtemps déjà. Il était membre à la fanfare de Courroux, localité
où il est né et où il a habité pendant de nombreuses années chez ses parents. L'année 1970 débute avec un programme
tràs chargé et qui demandera de gros efforts à nos musiciens. Le 12 janvier, c'est l'assemblée générale dont on a
déjà fait mention ci-dessus; le 20 janvier, c'est la reprise des répétitions. Le 18 janvier avait lieu l'Assemblée
générale annuelle de la FJM à Delémont. Ce sont Otto Burkhalter et Paul Strohmeyer qui sont nommés délégués.
Une surprise agréable nous a été réservée le 6 avril 1970, le comité des Sociétés réunies nous
faisait parvenir Fr. 900.- comme part au bénéfice du match au loto organisé par le comité des Sociétés réunies.
Disons que la fanfare n'avait pas eu la possibilité d'organiser le match auquel elle aurait normalement eu droit. Le 24 avril notre bannière et une
délégation accompagnent la dépouille mortelle de notre ancien membre d'honneur M. Robert Chappatte, père, à sa dernière
demeure.
Le 20 juin 1970, PRO-JURA tenait ses assises annuelles à Tavannes à l'Aula de l'école secondaire. Renforcée par quelques amis de
Malleray, toujours les mêmes vrais amis, notre fanfare a joué quelques marches à l'intention des délégués de cette
importante assemblée. Le 20 juin, la bienvenue était adressée à deux nouveaux musiciens: M. Arnold Engel et M. Alain Dubler. Toujours
en 1970, soit le 21 juin, c'était à Porrentruy l'inauguration de la nouvelle bannière de la Fédération Jurassienne de Musique. Une
délégation de 6 membres avec la bannière de la fanfare municipale assistait à cette cérémonie. A la même date
avait lieu la 29e Fête jurassienne de musique à laquelle Tavannes n'a pas eu la possibilité de participer, par suite de manque de membres,
certains étant au service militaire. Le 10 août 1970 une délégation de 4 membres se déplace à Courtételle, avec
la bannière pour rendre les derniers honneurs à M. Léon Membrez, vice-président d'honneur de la FJM. Les 14 et 15 août 1970,
la fanfare se produisait en jouant près des guinguettes de la Fête des Saisons donnant ainsi une animation le vendredi soir et le samedi soir.
Productions très appréciées par le nombreux public entassé le long de la rue H.-F. Sandoz. Le 3 novembre la fanfare joue quelques
morceaux devant la salle communale pendant que les citoyens entrent à la salle pour assister à l'Assemblée municipale. Nous pensons que c'est
aussi une façon de se faire connaître et de se faire apprécier. En tout cas, les échos furent favorables et le geste remercié par
le président des assemblées M. William Favret.
Le 10 novembre 1970, la fanfare donne une sérénade en l'honneur de M. Paul Schlup membre du comité protecteur à l'occasion de ses 90
ans. Lors de la dernière répétition de l'année 1970, la fanfare s'est déplacée au home «Prés fleuris» pour donner
une sérénade avec des morceaux de circonstance. Ce geste est toujours très apprécié par les habitants de ce home. Pour
l'année 1971, nous pouvons préciser que le concert annuel eut lieu le 11 décembre. Nous avions l'honneur d'accueillir la musique de la police
cantonale du canton de Berne. Le 15 décembre, une délégation avec la bannière accompagnait Marcel Noirjean (dit « Schwarzhans »)
à sa dernière demeure. La traditionnelle sérénade de fin d'année au home « Prés fleuris » a été
donnée le 18 décembre.
1972: c'est une année bien chargée qui se présente devant nous et qui exigera bien des efforts et des sacrifices de la part des musiciens qui
seront appelés à prêter leur concours en maintes occasions comme nous le verrons par la suite. Le 18 février 1972 les membres étaient
réunis à l'assemblée générale annuelle. Elle débute par l'annonce de 3 décès d'anciens membres, ce sont
MM. Albert Ganguillet, Marcel Noirjean et Léon Erard. En leur mémoire, les membres se lèvent et observent une minute de silence, moment
toujours émouvant lorsque l'on réfléchit et que l'on pense qu'année après année chaque semaine l'on se côtoyait
lors des répétitions auxquelles ces chers disparus étaient assidus. Le président a salué la présence de 16 membres
à cette assemblée à laquelle Me Schlappach président du comité protecteur assistait tandis que M. A. Gobat maire s'était
fait excuser, ainsi qu'Alain Dubler. L'année ne débuta pas pour le mieux, le directeur M. Romain Farine faisant entendre qu'il songeait à
quitter la direction de notre fanfare. Le président, de même que Me Schlappach demandèrent à M. Farine de bien réfléchir
et ils insistèrent pour qu'il revise son jugement. M. Jacques Godin, un des anciens secrétaires des verbaux, a reçu le diplôme remis
après 10 ans de sociétariat, tandis que Mario Jelmorini et Joseph Perrig se voient honorés par la remise de la chevalière or pour
20 ans de fidélité à la fanfare municipale.
Le 25 juin 1972, les musiciens étaient présents pour la réception de la Société fédérale de gymnastique qui
rentrait de la Fête fédérale de gymnastique à Aarau, y ayant participé avec succès. Un petit nombre de musiciens étant
rentré de vacances, la fanfare a la possibilité de prêter son concours à la fête du 1er août et de rehausser cette
fête nationale de 1972 par quelques morceaux de son répertoire exécutés sous la direction du dévoué sous-directeur
M. Bruno Canton. Avec les renseignements glanés, nous apprenons que lors de la Fête des Saisons 1972, la fanfare tenait une guinguette sous la
fromagerie Meier. La fondue et la raclette étaient servies et «La Grinche » formée pour l'occasion se produisait et contribuait à une animation
du tonnerre et très agréable. Nous mentionnons avec plaisir que sur le plan musical et en faveur du recrutement ça bougeait. Il avait
été décidé de s'intéresser à former des jeunes en donnant des cours de solfèe avec instruments. Or M. No&etrem;l
Charpié, secrétaire à la F.O.M.H. s'est mis à disposition pour participer bénévolement à la formation de ces
jeunes et futurs musiciens qui s'étaient inscrits pour suivre ces cours de solfège. Des cahiers de solfège ont été
achetés. D'autres membres se sont dévoués pour instruire les jeunes, dont M. Daniel Vuilleumier, Daniel Garret, Marcel Châtelain,
Serge Carnal. Mais la vraie cheville ouvrière ce fut Mme Christiane Oppliger, C'est depuis qu'elle s'en est occupée, que le vrai et bon départ
a été pris. C'est sous l'impulsion de cette musicienne douée et patiente, qui sait prendre et intéresser les jeunes que s'est
développé le groupe des jeunes et qu'un noyau précieux de jeunes musiciens a été formé, dont profite
déjà aujourd'hui la Fanfare municipale, puisque certains élèves formés par Mme Oppliger sont déjà membre
exécutant avec les aînés.
Le 9 septembre, la fanfare participait à l'inauguration du « Ritrovo Ticinese» à Orange; et le 16 septembre à l'inauguration de la Place
des sports. Le 26 novembre c'étaient Mario Jelmorini et Paul Strohmeyer, membres d'honneur et actifs qui étaient délégués
à l'assemblée de la Fédération de district de chant et de musique. En date du 25 novembre, une course surprise en car CJ est
organisée. Cette dernière nous conduisit par: Moutier, Ederswiler, Moulin-Neuf, Lucelle, Les Rangiers, Montfaucon, La Chaux-d'Abel, où une
succulente choucroute bien arrosée était servie. De retour à Tavannes, la journée se termina au Restaurant Berna où l'ambiance
prit fin à une heure bien tardive. Cette sortie d'un jour a été très bien réussie et elle laisse un agréable souvenir
à tous ceux qui ont eu le privilège d'y participer. Et la fin d'année a été marquée par l'aubade au Home des personnes
âgées, événement toujours apprécié par les personnes habitant «Prés fleuris ». Les années et les mois
passant tellement vite, voilà que nous abordons déjà l'an 1973, année pendant laquelle il sera souvent fait appel aux musiciens.
Le 7 février, le petit-fils du fondateur de la fanfare de Tavannes, devenue par la suite Fanfare municipale en 1935, notre membre actif André
Broggi et son épouse conviaient à leur domicile tous les membres de la fanfare à un souper choucroute bien garni et arrosé. 16 mars
1973: Assemblée générale à l'Hôtel de Ville. Le président ouvre cette assemblée en saluant et en constatant
que 26 membres étaient présents. S'étaient fait excuser MM. Humair, Rémy Neukomm et Denis Crettenand. Il salua tout
particulièrement l'ancien président et toujours dévoué membre actif ainsi que talentueux musicien M. Henri Ganguillet. Le
président eut le privilège de féliciter ce vétéran toujours jeune pour ses 83 ans. La bienvenue fut souhaitée
à deux nouveaux membres, aux deux Daniel, soit Daniel Vuilleumier et Daniel Garret. Ces deux très talentueux musiciens représentent un
précieux renfort pour notre corps de musique encore bien modeste et timide. Il eut également le privilège de souhaiter la bienvenue à
un ancien président M. Georges Parel qui a décidé de reprendre un instrument et de réintégrer la société afin de
renforcer les rangs de l'effectif actuel. Désirant offrir à la population de Tavannes et des environs de quoi pouvoir écouter de la musique
de cuivre de qualité, pour démontrer une grande activité, pour toujours mieux se faire connaître et ainsi s'attirer de plus en plus la
sympathie de tous les milieux de la population, la fanfare a pris la résolution de mettre en 1973 les bouchées doubles. Avec courage, en l'espace
de 9 mois elle a décidé d'offrir deux concerts en s'assurant la collaboration de deux corps de musique de réputation internationale. Le
premier aura lieu le 31 mars 1973 et le second le 1er décembre de la même année. De par ses relations, le président a réussi
à s'assurer la collaboration du réputé corps de musique «Metallharmonie» de Berne pour le 31 mars. Pour le 1er décembre, il a
tourné ses regards du côté de la Suisse romande, et eu la main heureuse en contactant le fameux ensemble de cuivre « Riviera Vaudoise»
dirigé par Jean-Louis Schmidt, fils de feu Loulou Schmidt qui était devenu célèbre en son temps par sa collaboration active à
l'émission radiophonique «La Chaîne du Bonheur». Relevons comme événements marquants de cette année les concerts déjà
cités du 31 mars avec la «Metallharmonie» de Berne dirigée par M. Hans Honegger. Ce corps de musique avec ses 66 exécutants a brillé
par ses productions applaudies et bissées par un public enchanté. Le 13 mai toujours à l'occasion de la Fête des mères la fanfare
donne aubade dans divers quartiers du village. Le 26 mai, après quelques années d'abstention, notre fanfare se présente au Festival de district
à Bévilard en se taillant un brillant succès avec un morceau très applaudi et bissé. Le 5 juin la fanfare donnait une
sérénade à la rue H.-F. Sandoz en l'honneur de Mme Rosa Ramponi, à l'occasion de ses 90 ans. En date du 1er août, la fanfare
rendait les derniers honneurs à un cher et fidèle membre qui s'est dépensé durant plusieurs années de présidence; un cher
ami nous a quitté, un ami qui a beaucoup donné et peu reçu. Henri Ganguillet, décédé subitement, a été
la cheville ouvrière de la fanfare durant de très nombreuses années. Son souvenir restera gravé dans la mémoire de tous ceux
qui ont eu le privilège de faire de la musique avec lui et tous ceux qui ont eu le bonheur de le côtoyer. C'est avec une émotion profonde
qu'au temple ses amis ont pris congé de lui en exécutant le morceau «J'avais un camarade». Le 1er décembre c'était le concert No 2 de
l'année. La fanfare était dirigée par M. Bruno Canton qui a beaucoup de mérite pour son dévouement. Nos musiciens ont
été très applaudis pour leurs productions, mais la palme est revenue à l'ensemble de cuivre «La Riviera Vaudoise». Son directeur
M. Jean-Louis Schmidt avec ses 25 musiciens s'est taillé un succès fabuleux. Toutes les productions ont été suivies par des
applaudissements du tonnerre! Le dimanche matin, la «Riviera Vaudoise» a donné un concert apéritif au Terminus et à l'Hôtel de la Gare
où le repas de midi a été servi. Après une année aussi copieuse que fut 1973, nous n'avons pour l'année 1974 pas un
événement spécialement marquant à signaler. Après avoir absorbé tant d'événements en 1973 il faut
digérer et se reposer, reprendre des forces pour plus tard, car certainement que dans les années futures nous devrons faire de plus grands
efforts si nous voulons, comme en 1973 offrir au public un programme de grande valeur. Revenons-en à l'année 1974, année durant laquelle la
vie de la fanfare fut plutôt calme; soit le 22 février 1974, c'est l'assemblée générale, lors de laquelle M. Charles Berberat
est enregistré comme nouveau membre. Le 14 janvier 1974, Mlle Béguelin au Chemin de l'Arsenal a 90 ans et comme toujours en pareille circonstance,
la fanfare se déplace et offre une sérénade à cette encore alerte personne pour son âge. Le même soir, un petit concert a
été donné au Café Berna en reconnaissance à Mme et M. Mahon pour leur générosité et pour l'adieu au Berna,
bâtiment destiné à la démolition pour faire place à un établissement bancaire. Le 5 mai, la fanfare a donné un
petit concert à l'Hôtel de la Gare, à l'occasion de la rencontre de la Compagnie IV/221 et le 7 mai une sérénade à M. Armand
Gobat, maire pour sa réélection en qualité de député au Grand-Conseil, sérénade suivie d'une invitation au
Terminus où une collation avec le verre de l'amitié ont été offerts.
Le 12 mai, à l'occasion de la fête des mères, la fanfare a joué dans plusieurs quartiers du village, geste apprécié par
les mamans. Le 8 juin: Participation avec succès au Festival du district à Malleray avec sa production à nouveau bissée.
Décidément, le sous-directeur M. Bruno Canton a eu la main heureuse et sous sa baguette facile, les musiciens ont très bien suivi le directeur,
ce qui a été confirmé par le rapport du jury. Le 2 juillet: Séance du comité à laquelle le président fait part
que M. Léopold Maître se met à disposition pour donner des cours et former de nouveaux musiciens. Etant donné que M. Maître a
déjà fait ses preuves en formant des musiciens dans d'autres sociétés, nul doute qu'il n'arrive pas à un résultat
positif aussi à Tavannes. C'est avec grande satisfaction que le comité, toujours en quête de nouveaux jeunes musiciens a accepté
cette offre bénévole de la part de notre membre et musicien actif Léopold, lui-même un excellent instrumentiste. C'est aussi lors de
cette séance du 2 juillet que nous apprenons que M. Serge Carnal s'est déclaré favorable pour s'occuper bénévolement de la
direction de la fanfare pour la sortie à Morges, le 29 septembre, ainsi que pour la soirée de la Semaine tessinoise, le 28 septembre. Le 15 octobre
M. Serge Carnal a été nommé à l'unanimité directeur de la fanfare municipale lors d'une répétition. Son
entrée en fonction a débutée le 1er octobre 1974. Les événements se suivent rapidement et le comité réuni en
séance le 15 octobre a consulté le calendrier pour fixer la date de l'assemblée générale, ainsi que la date du concert. D'entente
avec le directeur nouvellement élu, le concert est fixé au 15 mars 1975; l'assemblée générale au 12 avril 1975. Les excellents
contacts qui se créèrent lors de la venue à Tavannes de la « Riviera Vaudoise», ont incité cette dernière à rendre la
pareille à nos musiciens. C'est ainsi que le 29 septembre, nos membres se rendaient à Morges pour assister à la traditionnelle Fête des
Vendanges. Inutile de dire que l'accueil fut chaleureux et que chacun remporta de cette journée un lumineux souvenir.
Pour l'année 1975, il n'y a pas de grands événements marquants à signaler, si ce n'est, le concert annuel le 15 mars,
l'assemblée générale le 12 avril, les traditionnelles aubades dans divers quartiers de la localité, le dimanche de la fête des
mères. Un événement marquant qui nous est signalé: c'est l'organisation du festival du district les 6 et 7 juin 1975 en collaboration
avec le Mânnerchor « Eintracht ». La traditionnelle sérénade de fin d'année, le 20 décembre 1975, au home des personnes
âgées. Le 18 janvier 1976 avait lieu l'assemblée générale de la Fédération jurassienne de musique à Bienne.
A cette occasion Marcel Châtelain a reçu le diplôme pour 50 ans de musique et Joseph Perrig a touché la médaille pour 25 ans de musique. Le
15 février 1976 le comité se réunissait pour préparer l'ordre du jour de l'assemblée générale et l'organisation
du concert annuel qui aura lieu le 18 septembre 1976 à la Salle communale. Le 28 février 1976, c'est le premier concert annuel dirigé par le
nouveau directeur M. Serge Carnal, concert bien réussi et qui a été très applaudi par les nombreux auditeurs présents. Le 9 mai
à l'occasion de la fête des mères la fanfare joue dans plusieurs quartiers de la localité. Le 22 mai, la fanfare participe au Festival
du district à Reconvilier, avec une bonne production. Le rapport du jury est satisfaisant, alors que notre directeur trouve que l'exécution aurait pu
être meilleure. Il y a eu manque de concentration de la part de certains jeunes musiciens. C'est certainement selon nous, un petit défaut de jeunesse
qui peut se corriger.
L'année 1976 a été marquée par la Fête fédérale de musique qui a eu lieu les week-ends du 11-13 juin et du 18-20
juin. Favorisée par un temps magnifique, cette fête a remporté un succès magnifique. Etant donné qu'elle avait lieu à
Bienne, donc à un endroit pas trop éloigné de Tavannes, nombreux sont les membres de notre société qui s'y sont rendus. Chacun
gardera un lumineux souvenir de ces belles journées pendant lesquelles l'on a entendu de la belle musique et assisté à des défilés
imposants sur les parcours des concours de marche. Lors de l'assemblée du 1er octobre 1976 à Fornet-dessous, le président a dû faire part du
départ de trois jeunes musiciens qui quittent Tavannes. Ce sont Gilles Charpié qui s'en va au Tessin, Christine Kramer qui retourne dans son Oberland
bernois d'où elle nous était venue; le troisième jeune musicien qui nous quitte c'est Kurt Kaempf qui s'en va à Bâle où il
a trouvé une place sur son métier de fromager. L'événement réjouissant, c'est le retour de Joachim Mooser et la reprise de
l'instrument par le secrétaire des verbaux l'ami Jean-Louis Surdez, père des deux plus jeunes musiciens, Michel et Patricia Surdez. Après
l'assemblée, Otto Ràtz faisait part qu'il offrait les boissons servies pendant l'assemblée. La fanfare offrait ensuite un repas: Grillade
ou escaloppe viennoise. Les épouses ou fiancées sont également venues nous rejoindre pour cette partie gastronomique. M. Antoine Pozzoli
fêtait le 15 juin son 90e anniversaire. A cette occasion, la fanfare donnait une aubade en son honneur. La fanfare participa également à la
Fête des Saisons des 13 et 14 août. Comme il nous manque les documents de 1977, nous passons à 1978, année de laquelle nous pouvons mentionner
que M. Otto Burkhalter présidait encore toujours la société. Dans son rapport il relevait le dévouement des membres et les remerciaient
pour leur activité, mais en même temps il faisait la remarque que trop de sociétaires manquaient les répétitions sans excuse
valable. Il lançait un appel vibrant à l'intention des concernés, en leur demandant de faire preuve de camaraderie, seule solution pour progresser et
pour recruter de nouveaux musiciens. Lors de l'assemblée du 7 avril 1978 le président en charge a la satisfaction de féliciter les jubilaires
(ils sont 3 présents), ce sont Erwin Graf pour ses 25 ans de musique, Marcel Châtelain pour 50 ans, Albert Bàrfuss pour 60 ans. Le
président Otto Burkhalter en ouvrant l'assemblée du 16 mars 1979 peut souhaiter la bienvenue à 27 personnes présentes. Il salue
spécialement les anciens membres qui assistent à cette assemblée qui a lieu à l'Hôtel Terminus. Une très cordiale et
spéciale bienvenue est également adressée aux parents des jeunes qui ont répondu favorablement à l'invitation qui leur
avait été adressée. Election du comité : Suite à la démission de Perrig Joseph, vice-président et de M. Marcel
Châtelain, membre assesseur, le comité est formé comme suit:
Président : M. Otto Burkhalter. Vice-président : Erwin Graf. Caissier : Olivier Guerne. Secrétaire : Jean-Louis Surdez. Responsable du cours
de solfège : Mme Oppliger. Membres assesseurs, responsable matériel, instruments et partitions : Michel Stucky. Commission musicale : Serge Carnal
avec Mme Oppliger, M. Engel, M. Berberat, M. Stucky, M. Lepetit : directeur.
Programme 1979-1980. La fanfare jouera le 13 mai, Fête des mères, le 11 août, 75e
anniversaire du Football, les 17-18-19 août pour la Fête du village soit, le vendredi soir et le dimanche matin, en plus il y aura un loto, un concert au
home des personnes âgées en décembre. Le prochain concert aura lieu le 8 mars 1980, le comité est chargé d'organiser une sortie
dans l'année et un concert en plein air un soir à la place de la répétition avant le 19 mai. Achat d'uniformes. La décision est
prise que le comité se réunisse le plus rapidement possible pour former une commission pour l'achat d'uniformes. L'an 1979 marqua dans les annales
de la fanfare puisqu'elle a eu le privilège d'inaugurer le 29 septembre de nouveaux et plaisants uniformes fournis par la maison Schild S.A. L'achat de ces
derniers a pu se faire grâce à une grande loterie de 75 000 billets à Fr. 1.-. Nous ne voulons pas omettre de mentionner qu'aucun billet n'a
été vendu à Tavannes. C'est certainement grâce aux excellentes relations qu'a le président avec un bureau de loterie que ce tour
de force a pu se concrétiser. II faut également se montrer très reconnaissant envers les industriels, commerçants et toute la population, car,
un appel «tous ménages » avait été expédié. Cet appel a eu un écho réjouissant, car de nombreux bulletins verts
ont été utilisés pour virer d'importants montants sur le Compte de chèque postal de notre société, permettant ainsi à
renforcer le fonds des uniformes. Une carte de remerciements accompagnée d'une photo de la fanfare dans son nouvel équipement a été
adressée à tous les généreux donateurs qui ont viré un don de CHF 5.- ou plus. L'année 1980 a été
marquée par la venue d'un nouveau directeur, M. Jean-Pierre Schoeni, de Bévilard. La bienvenue lui a été souhaitée lors de
l'assemblée du 18 avril. Nous avons cherché et feuilleté plusieurs pages de procès-verbaux, sans trouver de confirmations et dates
concrètes quant au début du nouveau directeur M. Jean-Pierre Schoeni, de sorte que nous ne sommes pas à même d'en faire mention dans
cet historique, ce qui est bien regrettable. Ceci nous incite à aller de l'avant dans notre travail en passant à l'année 1981, année
où la fanfare a dû envisager de trouver un nouveau président, Otto Burkhalter ayant démissionné. C'est à l'assemblée
générale du 28 mars qu'il fallait pourvoir à son remplacement. Les membres ont alors cherché à trouver un président parmi
les musiciens actifs. Ils ont eu le bonheur de pouvoir persuader M. Otto Râtz de reprendre cette charge et c'est à une forte majorité que
M. Otto Ràtz a été nommé président le 28 mars 1981.
Lors de cette assemblée, le vice-président M. Erwin Graf remercia M. Otto Burkhalter, en lui remettant un souvenir et en proposant de le nommer
président d'honneur de la fanfare municipale de Tavannes, ce qui fut fait par acclamation. Le nouveau comité a été formé ainsi:
Otto Ràtz, président; Erwin Graf, vice-président; Olivier Guerne, caissier; Jean-Louis Surdez, secrétaire des verbaux; Nicole Graf,
secrétaire correspondant; Jean-Pierre Schoeni était brillamment réélu directeur, tandis que Mme Christiane Oppliger qui depuis de
nombreuses années est responsable des cours de solfège et qui conduit le groupe des jeunes, accepte de garder ces postes qu'elle occupe avec tant
de succès. La fanfare municipale est toujours vivante et active et dès 1982, elle se met au travail en vue de sa participation au concours jurassien
de Prêles en 1983, où elle s'est couverte de lauriers rentrant avec une couronne or. En 1983, un nouveau président est nommé en la
personne de M. Arnold Engel. On songe également au 125e anniversaire de la fanfare, anniversaire qui sera fêté en 1984. Le 125e sera
rehaussé par l'inauguration d'une nouvelle bannière dont la fanfare a absolument besoin. Les dates des 29 et 30 septembre 1984 ont été
choisies pour ces festivités.